Le conseil running le plus répété sur les réseaux est aussi l’un des plus discutables

Il y a quelques jours, en faisant défiler les publications running sur mon téléphone après une sortie matinale, j’ai remarqué quelque chose d’assez frappant.

Le même conseil revenait partout :

  • Sous des vidéos de préparation marathon.
  • Sous des publications de coachs.
  • Sous des témoignages de coureurs.
  • Sous des contenus destinés aux débutants.

La phrase variait légèrement selon les auteurs, mais l’idée restait toujours la même :

« Il faut sortir de sa zone de confort pour progresser. »

À première vue, difficile d’être contre.

Après tout, progresser demande forcément un peu d’effort.

Pourtant, plus j’observe les coureurs amateurs sur le terrain, plus je me dis que ce conseil, répété à l’infini sur les réseaux sociaux, est aussi l’un des plus discutables lorsqu’il est appliqué sans nuance.

Surtout en cette période de début d’été où beaucoup de coureurs sont motivés, enchaînent les séances et cherchent à accélérer leur progression avant les vacances.

Car à force de vouloir sortir de sa zone de confort à chaque sortie, certains finissent surtout par sortir de leur zone de progression.

Quand le bon conseil devient une mauvaise habitude

Le problème n’est pas le conseil lui-même.

Le problème est la façon dont il est interprété.

Sur les réseaux, les messages simples fonctionnent mieux que les messages nuancés.

Une vidéo qui dit :

« Va courir même quand tu n’en as pas envie »,

fera davantage réagir qu’une vidéo expliquant la différence entre fatigue normale et surcharge d’entraînement.

À force d’être exposés à ces contenus, beaucoup de coureurs développent une idée assez dangereuse :

plus une séance est difficile, plus elle est utile.

Or la réalité est souvent beaucoup plus subtile.

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Ce que font réellement les coureurs qui progressent

Lorsque l’on observe les coureurs amateurs qui progressent durablement, on retrouve souvent un schéma assez différent.

ProfilRépartition habituelle
Débutant80 à 90 % facile
Amateur régulier75 à 85 % facile
Confirmé70 à 80 % facile
Expert70 à 80 % facile

Cette donnée surprend souvent.

La majorité des kilomètres réalisés par les bons coureurs sont effectués à une intensité confortable.

Pas à bloc.

Pas au seuil.

Pas dans la souffrance permanente.

Simplement dans une zone qui permet de construire de l’endurance sans accumuler une fatigue excessive.

À l’inverse, beaucoup de coureurs influencés par les réseaux passent leur temps dans une zone intermédiaire.

Toujours un peu vite.

Toujours un peu fatigués.

Jamais complètement récupérés.

Le piège du mois de juin

Le début de l’été crée un contexte particulièrement favorable à cette erreur.

Les journées sont longues.

La météo donne envie de courir.

Les objectifs estivaux approchent.

Les vacances sont dans toutes les têtes.

On se sent souvent plus en forme qu’en février ou en mars.

C’est précisément là que certains commencent à surcharger leur entraînement.

Ils ajoutent une séance.

Puis quelques kilomètres.

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Puis une sortie plus rapide.

Puis une autre.

Et comme les sensations restent bonnes pendant quelques semaines, ils pensent avoir trouvé la recette miracle.

En réalité, ils puisent progressivement dans leurs réserves.

La sortie la plus utile n’est pas toujours celle qui fait mal

J’ai vu des coureurs terminer une séance de fractionné complètement épuisés et être persuadés d’avoir réalisé leur meilleure séance du mois.

J’ai vu les mêmes coureurs progresser davantage quelques semaines plus tard grâce à une série de footings tranquilles parfaitement exécutés.

Cela paraît contre-intuitif.

Pourtant, le corps adore la régularité.

Il aime les efforts qu’il peut assimiler.

Il aime les progressions progressives.

Il aime les charges maîtrisées.

Ce qu’il gère beaucoup moins bien, c’est l’accumulation de séances difficiles sans récupération adaptée.

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Pourquoi les réseaux adorent les séances difficiles

Une séance d’endurance fondamentale n’impressionne personne.

Une capture d’écran avec 12 kilomètres à allure tranquille génère rarement des milliers de vues.

À l’inverse :

  • un fractionné très rapide ;
  • une sortie sous 35 degrés ;
  • une séance réalisée malgré la fatigue ;
  • une performance spectaculaire ;

créent immédiatement davantage d’engagement.

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Le problème est que l’algorithme récompense ce qui impressionne.

Pas forcément ce qui fait progresser.

Entre le contenu qui génère des clics et l’entraînement réellement efficace, il existe parfois un écart considérable.

Le vrai signal d’une bonne séance

Avec les années, j’ai appris à me méfier des séances qui semblent extraordinaires.

Les meilleures séances sont souvent beaucoup plus discrètes.

Elles permettent de courir encore correctement deux jours plus tard.

Elles ne détruisent pas la semaine.

Elles la construisent.

Un bon indicateur est simple :

si chaque sortie devient une épreuve mentale ou physique, quelque chose mérite probablement d’être ajusté.

À l’inverse, lorsque les semaines s’enchaînent avec une sensation de maîtrise, le corps progresse souvent bien davantage.

Sortir de sa zone de confort… mais au bon moment

Attention, cela ne signifie pas qu’il faut toujours courir doucement.

Le travail de qualité reste indispensable.

La vitesse.

Le seuil.

La VMA.

Les allures spécifiques.

Tout cela possède une place importante dans la progression.

La différence réside dans le dosage.

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Les séances difficiles doivent être des outils.

Pas un mode de vie.

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Les coureurs qui durent pensent différemment

Lorsque l’on échange avec des coureurs qui pratiquent depuis vingt ou trente ans, une idée revient souvent.

Ils ont appris à écouter leur corps.

Ils savent quand pousser.

Ils savent aussi quand ralentir.

Cette capacité est rarement spectaculaire.

Elle ne fait pas le buzz.

Elle ne produit pas de vidéo virale.

Mais elle permet de courir encore avec plaisir après des années de pratique.

Et finalement, n’est-ce pas cela le véritable objectif ?

Une question simple à se poser avant chaque séance

Avant de partir courir, pose-toi simplement cette question :

« Est-ce que cette séance va m’aider à progresser ou simplement me fatiguer ? »

La nuance paraît légère.

Elle change pourtant énormément de choses.

Certaines journées appellent une séance intense.

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D’autres demandent simplement un footing tranquille.

Accepter cette réalité n’a rien de faible.

C’est souvent une preuve d’expérience.

Le meilleur conseil running est rarement le plus populaire

Les réseaux sociaux adorent les messages extrêmes.

Le corps humain, lui, préfère l’équilibre.

À l’approche de l’été, lorsque la motivation grimpe en même temps que les températures, il est parfois utile de s’en souvenir.

Les progrès les plus solides ne viennent pas toujours des séances les plus dures.

Ils naissent souvent d’un entraînement cohérent, régulier et suffisamment intelligent pour laisser au corps le temps de s’adapter.

Finalement, le conseil le plus efficace n’est peut-être pas de sortir constamment de sa zone de confort.

C’est de savoir précisément quand le faire.

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