Fin mai, les sorties commencent souvent à changer de visage. Les jambes ont déjà accumulé plusieurs semaines de vélo, les parcours redeviennent plus vallonnés, et les longues sorties du week-end reviennent progressivement dans les habitudes.
C’est généralement à ce moment-là qu’un détail commence à devenir beaucoup plus visible : la manière dont on pédale.
Pas seulement la puissance.
Pas uniquement la vitesse moyenne.
Mais vraiment la cadence.
Parce qu’après deux ou trois heures de selle, certains cyclistes gardent encore de la fluidité alors que d’autres commencent déjà à “tirer” sur les jambes dans la moindre bosse.
Et très souvent, la différence vient d’un point assez simple :
la cadence de pédalage utilisée pendant la sortie.
Entre rouler à 80 rpm et rouler à 95 rpm, l’écart paraît faible sur le papier. Pourtant, sur le terrain, les sensations deviennent complètement différentes au fil des kilomètres.
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Pourquoi la cadence change autant les sensations
Quand on parle de cadence, on parle simplement du nombre de tours de pédale effectués par minute.
Mais derrière ce chiffre, ce sont surtout deux types de fatigue qui se répartissent différemment :
- la fatigue musculaire,
- la fatigue cardiovasculaire.
À cadence basse, chaque coup de pédale demande davantage de force.
Les muscles travaillent plus fort à chaque poussée.
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À cadence plus élevée, l’effort est réparti sur davantage de cycles. Les jambes poussent moins fort à chaque tour, mais le système cardio-respiratoire travaille un peu plus.
C’est exactement ce compromis qui explique pourquoi deux cyclistes roulant à la même vitesse peuvent ressentir des sensations totalement opposées.
Ce qu’on observe très souvent au printemps
En mai, beaucoup de cyclistes retrouvent déjà une bonne condition générale. Le cardio revient assez vite, surtout chez ceux qui ont continué à rouler un peu pendant l’hiver ou sur home trainer.
En revanche, la résistance musculaire met souvent plus de temps à revenir complètement.
C’est particulièrement visible :
- dans les bosses répétées,
- sur les longues sorties vallonnées,
- ou lors des relances après deux heures de selle.
Je vois souvent des cyclistes capables de tenir une fréquence cardiaque élevée… mais qui commencent pourtant à manquer de jambes assez tôt dans la sortie.
Et dans énormément de cas, ils roulent simplement trop “en force”.
Pourquoi 80 rpm fatigue parfois beaucoup plus qu’on ne le pense
Une cadence autour de 75 à 80 rpm n’est pas mauvaise en soi.
Le problème apparaît surtout quand elle devient permanente.
À cette cadence, chaque poussée sur la pédale demande davantage de tension musculaire :
- les quadriceps travaillent plus fort,
- les fessiers sont davantage sollicités,
- les relances deviennent plus coûteuses.
Au début de la sortie, cela peut même sembler efficace.
On a une sensation de stabilité.
Parfois même une impression de puissance.
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Mais au bout de plusieurs bosses ou après deux heures, les signes commencent souvent à apparaître :
- jambes qui se durcissent,
- perte de fluidité,
- difficulté à accélérer,
- sensation de “blocage” musculaire.
Et c’est là que beaucoup comprennent que le problème ne vient pas forcément du cardio… mais de la gestion du pédalage.
Pourquoi une cadence plus élevée soulage souvent les jambes
À l’inverse, une cadence autour de 90 à 95 rpm répartit davantage le travail.
Le pédalage devient plus souple, plus fluide et moins contraignant musculairement.
Concrètement :
- chaque poussée est moins violente,
- les tensions musculaires diminuent,
- les relances coûtent moins cher.
Le cardio monte souvent légèrement plus haut, c’est vrai. Mais les jambes restent généralement plus fraîches plus longtemps.
C’est d’ailleurs quelque chose qu’on remarque très vite dans les groupes.
Les cyclistes qui gardent une bonne vélocité en fin de sortie sont souvent ceux qui restent encore capables d’accélérer proprement après plusieurs heures.
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Le piège classique des longues sorties vallonnées
Sur les parcours vallonnés, beaucoup de cyclistes alternent sans s’en rendre compte :
- gros braquet dans les bosses,
- cadence basse,
- fortes tensions musculaires.
Au début, ça passe très bien.
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Mais au fil des montées, la fatigue s’accumule beaucoup plus vite qu’avec un pédalage plus fluide.
Et souvent, la différence devient flagrante après 2 h 30 ou 3 h de sortie.
Certains commencent alors à perdre énormément de vitesse dans les bosses alors que leur cardio n’est pas encore totalement dans le rouge.
Simplement parce que musculairement, les jambes sont déjà saturées.
Est-ce qu’il faut toujours rouler à 95 rpm ?
Pas forcément.
C’est là qu’il faut nuancer un peu.
Une cadence basse peut être très utile dans certaines situations :
- travail de force spécifique,
- préparation montagne,
- passages vent de face,
- développement musculaire ciblé.
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Mais ce type de travail doit rester volontaire et structuré.
Le problème, c’est surtout quand on roule constamment à faible cadence sans s’en rendre compte.
Ce que je remarque souvent chez les cyclistes amateurs
Beaucoup pensent qu’ils manquent de puissance.
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En réalité, ils manquent parfois surtout de fluidité.
Ils essayent de pousser fort partout :
- dans les faux plats,
- dans les bosses,
- lors des relances.
Et cette accumulation de contraintes musculaires finit par coûter énormément d’énergie.
À l’inverse, les cyclistes qui pédalent plus souplement semblent souvent moins impressionnants immédiatement… mais restent beaucoup plus efficaces sur la durée.
Le rôle énorme de l’endurance fondamentale
Comme souvent en cyclisme, tout revient finalement à la base.
Une bonne endurance fondamentale améliore énormément la capacité à maintenir une cadence fluide longtemps.
C’est pour cette raison que les meilleurs plans gardent encore environ 70 à 80 % du volume en endurance fondamentale.
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À cette intensité, une cadence située autour de 85 à 95 rpm fonctionne souvent très bien :
- fatigue musculaire plus faible,
- meilleure économie globale,
- récupération plus rapide.
Le bon compromis pour beaucoup de cyclistes
Sur le terrain, les meilleurs repères restent souvent assez simples :
- 85 à 95 rpm sur le plat,
- 75 à 85 rpm dans les bosses,
- cadence légèrement plus basse uniquement sur certains exercices spécifiques.
L’objectif n’est pas de regarder son compteur toutes les trente secondes.
Le plus important reste surtout la sensation de fluidité.
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Quand la cadence devient trop basse, les signes arrivent généralement vite :
- jambes qui se durcissent,
- relances difficiles,
- pédalage moins rond,
- perte progressive d’efficacité.
Ce qui change après quelques semaines
La bonne nouvelle, c’est que la tolérance musculaire progresse rapidement.
Après plusieurs semaines d’entraînement régulier :
- les jambes encaissent mieux les faibles cadences,
- la force revient,
- la gestion des braquets devient plus naturelle.
Mais en reprise ou lors des premières longues sorties du printemps, chercher un pédalage un peu plus fluide reste souvent une excellente stratégie pour limiter la fatigue inutile.
À retenir
Entre 80 et 95 rpm, la différence ne semble pas énorme sur le papier.
Mais sur les longues sorties, elle change profondément la manière dont le corps gère l’effort.
Une cadence légèrement plus élevée permet souvent :
- de mieux répartir la fatigue,
- de garder davantage de fluidité,
- et surtout de préserver les jambes dans les bosses et les relances.
Et au printemps, quand les kilomètres commencent à s’accumuler, ce détail peut vraiment transformer les sensations sur le vélo.
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