Fin mai, beaucoup de coureurs commencent à accumuler les semaines d’entraînement. Les courses reviennent, les journées sont plus longues, les sensations sont souvent meilleures qu’en hiver… et forcément, une idée finit par apparaître :
“Si je veux encore progresser, il faut probablement en faire un peu plus.”
Alors on ajoute une séance.
Parfois une petite sortie “facile” le mercredi.
Parfois un footing de récupération le dimanche soir.
Ou simplement quelques kilomètres supplémentaires parce qu’on se sent bien.
Sur le papier, ça paraît logique :
- plus de volume
- plus d’entraînement
- donc plus de progression
Et pourtant, sur le terrain, j’ai observé exactement l’inverse chez énormément de coureurs.
Des profils sérieux, motivés, réguliers… qui stagnent pendant des semaines. Puis qui recommencent à progresser au moment où ils retirent une séance de leur semaine.
La première fois que je l’ai vraiment constaté chez moi, ça m’avait presque frustré. J’avais l’impression de “moins travailler”. Comme si enlever une séance revenait à abandonner quelque chose.
En réalité, c’était exactement ce dont mon corps avait besoin.
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L’idée reçue qui piège beaucoup de coureurs
Le running reste un sport où l’on associe très souvent progression et accumulation.
Tu veux progresser ?
Alors tu te dis naturellement :
- je vais courir plus souvent
- augmenter mon kilométrage
- ajouter une séance de qualité
- doubler certains jours
Et il est vrai qu’à court terme, cela peut fonctionner.
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Le problème, c’est que le corps ne progresse pas pendant l’effort. Il progresse surtout pendant la récupération qui suit cet effort.
Et ça, beaucoup de coureurs l’oublient complètement.
Sur le terrain, je vois régulièrement des profils qui :
- s’entraînent 5 fois par semaine
- mais avec des jambes constamment lourdes
- des allures irrégulières
- une fatigue qui s’installe doucement
Le piège, c’est que cette fatigue n’est pas toujours spectaculaire.
Tu peux continuer à courir normalement.
Simplement, tu n’assimiles plus vraiment ce que tu fais.
Le problème de la fatigue invisible
C’est probablement le point le plus difficile à détecter chez les amateurs.
Tu ne te sens pas “cassé”.
Tu arrives encore à :
- faire tes séances
- tenir tes footings
- respecter ton plan
Mais progressivement :
- les allures deviennent moins fluides
- le cardio monte plus vite
- les sensations se dégradent
- les séances qualitatives perdent en qualité
Et surtout, le plaisir commence parfois à diminuer.
Le corps reste capable de produire l’effort… mais il n’a plus assez de marge pour réellement s’adapter.
C’est exactement là que retirer une séance peut devenir extrêmement efficace.
Ce que j’ai souvent observé chez les coureurs qui stagnent
Le schéma revient souvent.
Exemple très classique :
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- lundi : footing
- mardi : fractionné
- mercredi : footing “cool” mais finalement un peu rapide
- jeudi : séance seuil
- samedi : footing
- dimanche : sortie longue
Sur le papier, tout semble cohérent.
Mais dans la réalité :
- le footing du mercredi empêche souvent de récupérer du mardi
- les jambes arrivent fatiguées au seuil du jeudi
- la sortie longue se fait déjà avec de la fatigue accumulée
Et au final :
- beaucoup de charge
- mais peu de vraies adaptations positives
C’est là que supprimer une séance “inutile” change parfois complètement les choses.
Pourquoi retirer une séance peut relancer la progression
Quand tu retires une sortie mal placée, plusieurs choses apparaissent très vite :
- les jambes redeviennent plus fraîches
- les séances clés sont meilleures
- les allures redeviennent stables
- le sommeil s’améliore souvent aussi
Et surtout :
le corps recommence à assimiler.
C’est souvent très visible après seulement 10 à 15 jours.
Je me souviens d’un coureur qui préparait un 10 km autour de 45 minutes. Il courait 5 fois par semaine mais avait constamment l’impression d’être “à moitié fatigué”.
Ses footings dérivaient.
Ses séances seuil devenaient irrégulières.
On a simplement retiré une sortie intermédiaire du mercredi.
Résultat après trois semaines :
- cardio plus stable
- meilleure récupération
- séance du jeudi beaucoup plus propre
- et finalement record personnel sur 10 km un mois plus tard.
Alors qu’il courait moins.
L’erreur fréquente : supprimer la mauvaise séance
Attention, le but n’est évidemment pas de supprimer n’importe quoi.
Beaucoup enlèvent parfois :
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- la sortie longue
- ou la seule vraie séance structurante
alors que le problème vient souvent d’une séance “parasite”.
Sur le terrain, les séances les moins utiles sont souvent :
- les footings un peu trop rapides
- les séances ajoutées “par culpabilité”
- les kilomètres sans vrai objectif physiologique
C’est souvent là qu’il faut alléger.
Pas dans les séances qui structurent réellement la progression.
Le rôle central de l’endurance fondamentale
Quand on réduit un peu le volume, la qualité de l’endurance fondamentale devient encore plus importante.
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Sur le terrain, beaucoup de coureurs progressent davantage au moment où ils comprennent enfin ce qu’est un vrai footing facile.
C’est-à-dire :
- respiration confortable
- fréquence cardiaque basse
- sensation de fraîcheur en fin de séance
Et non un footing “modérément dur” déguisé en récupération.
Encore aujourd’hui, énormément de coureurs courent leurs footings trop vite.
Résultat :
- fatigue permanente
- récupération incomplète
- stagnation chronique
Pourquoi la qualité des séances compte plus que leur nombre
Après quelques années de pratique, la progression vient rarement du simple ajout de kilomètres.
Elle vient surtout :
- de la qualité d’exécution
- de la fraîcheur
- de la capacité à répéter des bonnes séances
Un coureur frais qui fait :
- une vraie séance seuil maîtrisée
- une sortie longue propre
- deux footings faciles bien récupérés
progressera souvent davantage qu’un coureur qui multiplie les sorties moyennes.
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Le seuil devient d’ailleurs souvent beaucoup plus rentable quand le corps est reposé.
Les sensations changent complètement :
- allure plus stable
- cardio mieux contrôlé
- fatigue moins brutale
Les signes qui montrent que tu en fais probablement trop
Sur le terrain, certains signaux reviennent très souvent :
- jambes lourdes plusieurs jours d’affilée
- difficulté à accélérer naturellement
- fréquence cardiaque plus haute à allure identique
- sommeil moins récupérateur
- motivation qui baisse
- besoin de café ou de sucre plus fréquent
- impression de “subir” les séances
Le piège, c’est que beaucoup pensent alors manquer de mental.
Alors qu’ils manquent simplement de récupération.
Les coureurs qui progressent longtemps sont rarement ceux qui en font le plus
C’est quelque chose qu’on observe énormément avec l’expérience.
Les profils qui durent dans le temps sont souvent ceux qui :
- savent lever le pied au bon moment
- acceptent de supprimer une séance si nécessaire
- privilégient la continuité plutôt que l’accumulation
Parce qu’au final, la vraie progression vient surtout :
- des semaines bien assimilées
- pas des semaines les plus chargées.
Le rôle énorme de la récupération après 40 ans
Avec l’âge, cette logique devient encore plus importante.
Après 40 ou 45 ans :
- les adaptations restent possibles
- mais la récupération demande plus de temps
Et c’est souvent là que supprimer une séance devient très rentable.
Beaucoup de coureurs masters progressent au moment où ils passent de :
- 5 séances “fatigantes”
à :
- 4 séances intelligemment réparties.
Le corps supporte mieux :
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- les séances qualitatives
- les sorties longues
- les variations de charge.
Ce que tu peux tester concrètement
Si tu as l’impression de stagner depuis plusieurs semaines, tu peux essayer quelque chose de très simple :
Pendant 2 à 3 semaines :
- retire une séance secondaire
- garde les séances importantes
- ralentis vraiment les footings
- observe les sensations
Très souvent, les premiers changements apparaissent rapidement :
- jambes plus légères
- meilleure envie de courir
- allures plus naturelles
- cardio plus stable
Et parfois même… des chronos qui reviennent sans avoir ajouté le moindre kilomètre.
Ce qu’il faut retenir
Dans le running, progresser ne dépend pas uniquement de ce que tu ajoutes.
Cela dépend aussi énormément de ce que tu acceptes d’enlever.
Sur le terrain, beaucoup de stagnations viennent simplement d’un entraînement légèrement trop chargé, légèrement trop fréquent, légèrement trop fatiguant.
Et parfois, la meilleure décision n’est pas d’ajouter une séance.
C’est d’en supprimer une.
Pas pour faire moins.
Mais pour enfin permettre au corps de transformer l’entraînement en vraie progression.
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