Running : Cette douleur estivale revient chaque année chez de nombreux coureurs… et beaucoup la sous-estiment

Chaque été, la scène se répète presque à l’identique.

La forme semble bonne. Les journées sont plus longues. Les vacances approchent ou viennent de commencer. On a davantage de temps pour courir, davantage de lumière en fin de journée, parfois même l’impression de retrouver une énergie que l’hiver avait un peu mise entre parenthèses.

Puis une gêne apparaît.

Au début, ce n’est presque rien. Une petite douleur sur le côté du genou après une sortie vallonnée. Une sensation inhabituelle sous le pied au réveil. Un tiraillement au tendon d’Achille qui disparaît après quelques minutes de footing.

Beaucoup de coureurs continuent alors normalement.

Après tout, ce n’est qu’une petite douleur.

Pourtant, c’est précisément à cette période de l’année que de nombreuses blessures commencent à s’installer discrètement. Non pas à cause d’un accident ou d’une séance catastrophique, mais à cause d’une accumulation de petits changements que l’on remarque rarement sur le moment.

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Pourquoi l’été est souvent une période à risque

La plupart des coureurs associent l’hiver aux blessures.

Le froid, les muscles plus raides, les conditions difficiles semblent logiquement plus dangereux.

Pourtant, sur le terrain, les mois de juillet et août génèrent eux aussi leur lot de problèmes.

La raison est simple : l’environnement change brutalement.

En quelques semaines, plusieurs facteurs se cumulent :

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  • les températures augmentent ;
  • le volume d’entraînement grimpe souvent ;
  • les terrains changent pendant les vacances ;
  • les horaires sont modifiés ;
  • la récupération devient parfois moins régulière ;
  • le sommeil est plus perturbé par la chaleur.

Pris séparément, aucun de ces éléments n’est forcément problématique.

Ensemble, ils créent un contexte idéal pour faire apparaître certaines douleurs récurrentes.

La douleur que l’on retrouve le plus souvent : le tendon qui commence à protester

Lorsque les coureurs parlent d’une douleur estivale qui revient année après année, il s’agit très souvent d’une irritation tendineuse.

Le tendon d’Achille est particulièrement concerné.

Mais on retrouve également fréquemment :

  • le tendon rotulien ;
  • les tendons des ischio-jambiers ;
  • les tendons situés sous le pied ;
  • certaines douleurs autour de la hanche.

Le mécanisme est souvent similaire.

Le coureur se sent bien.

Il profite d’un week-end prolongé pour ajouter quelques kilomètres.

Puis d’une semaine de vacances.

Puis d’une sortie en bord de mer ou sur des chemins plus vallonnés que d’habitude.

L’organisme encaisse sans se plaindre immédiatement.

La douleur apparaît parfois avec plusieurs jours de retard.

C’est ce qui la rend particulièrement trompeuse.

Le piège des terrains de vacances

Beaucoup de coureurs ne changent pas seulement leur volume en été.

Ils changent aussi de terrain.

C’est probablement l’un des déclencheurs les plus sous-estimés.

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Une personne qui court habituellement sur des chemins stabilisés peut soudain enchaîner :

  • des sentiers forestiers ;
  • des chemins de montagne ;
  • des plages ;
  • des routes fortement inclinées ;
  • des parcours avec davantage de dénivelé.

Les muscles s’adaptent relativement vite.

Les tendons, eux, ont besoin de plus de temps.

C’est souvent ce décalage qui explique pourquoi une douleur apparaît alors que les sensations cardiovasculaires sont excellentes.

Le souffle va bien.

Les jambes semblent fortes.

Mais certaines structures encaissent une charge inhabituelle.

La chaleur ne fait pas seulement ralentir

On parle souvent de l’impact de la chaleur sur les chronos.

Beaucoup moins de ses effets sur les tissus.

Pourtant, les fortes températures modifient plusieurs comportements.

On boit parfois moins que nécessaire.

On récupère moins bien.

Le sommeil devient plus léger.

Les sorties sont effectuées en état de fatigue résiduelle.

Une récupération légèrement dégradée pendant plusieurs jours suffit parfois à rendre un tendon plus vulnérable.

La douleur qui apparaît n’est alors pas directement liée à la séance du jour.

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Elle reflète souvent l’accumulation des dix ou quinze jours précédents.

Les signes que beaucoup ignorent

Le problème n’est généralement pas la grosse douleur.

Lorsqu’elle arrive, le message est clair.

Les signaux précoces sont beaucoup plus subtils.

Parmi les plus fréquents :

SignalNiveau d’alerte
Raideur au réveilFaible mais à surveiller
Sensibilité après l’entraînementModérée
Douleur uniquement dans les escaliersModérée
Gêne qui disparaît pendant la courseÉlevée
Douleur qui revient systématiquementÉlevée
Douleur présente au reposTrès élevée

Le cas le plus trompeur reste probablement la douleur qui disparaît pendant le footing.

De nombreux coureurs interprètent cela comme un signe rassurant.

C’est parfois exactement l’inverse.

Le tendon chauffe, devient momentanément moins sensible puis se rappelle à votre bon souvenir quelques heures plus tard.

Pourquoi les coureurs réguliers sont parfois les plus exposés

On pourrait croire que les débutants sont les premiers concernés.

Ce n’est pas toujours le cas.

Les coureurs réguliers tombent souvent dans un piège particulier : la confiance.

Après plusieurs mois de régularité, le corps paraît solide.

On récupère bien.

Les séances passent facilement.

L’augmentation du volume semble logique.

Pourtant, les tissus conjonctifs s’adaptent moins vite que le système cardiovasculaire.

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Autrement dit, on peut avoir le souffle pour courir davantage avant d’avoir les structures mécaniques capables d’encaisser durablement cette charge.

Cette différence explique de nombreuses douleurs estivales observées chez des coureurs pourtant expérimentés.

Ce qu’il vaut mieux faire dès les premiers signaux

Lorsqu’une gêne apparaît, l’objectif n’est pas forcément de tout arrêter.

Il est souvent plus efficace d’ajuster rapidement.

Quelques mesures simples permettent souvent d’éviter une vraie blessure :

  • réduire temporairement le volume ;
  • privilégier les terrains souples ;
  • éviter les séances explosives ;
  • renforcer la récupération ;
  • surveiller le sommeil ;
  • intégrer davantage de mobilité.

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Dans certains cas, quelques jours d’adaptation suffisent à stopper une irritation avant qu’elle ne s’installe durablement.

L’erreur classique : vouloir « profiter » de l’été à tout prix

Chaque année, je retrouve le même profil.

Le coureur qui a enfin du temps.

Le coureur qui veut compenser un printemps compliqué.

Le coureur qui rêve d’arriver en septembre avec un énorme volume d’entraînement.

L’intention est excellente.

L’exécution l’est parfois moins.

Les meilleures progressions estivales ne viennent pas forcément des plus gros kilométrages.

Elles viennent souvent des coureurs qui restent réguliers tout en respectant les signaux envoyés par leur corps.

La différence paraît minime sur une semaine.

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Une douleur légère aujourd’hui peut gâcher toute la rentrée

C’est probablement ce que beaucoup sous-estiment.

La petite gêne de juillet n’empêche généralement pas de courir.

Celle d’août non plus.

Mais lorsque le problème s’installe progressivement pendant plusieurs semaines, septembre arrive souvent avec une mauvaise surprise.

Le moment où les températures redeviennent idéales.

Le moment où les objectifs reprennent.

Le moment où l’on aimerait accélérer.

Et parfois le moment où la douleur devient enfin impossible à ignorer.

C’est pourquoi les coureurs qui traversent l’été sans blessure ne sont pas forcément ceux qui s’entraînent le plus. Ce sont souvent ceux qui savent reconnaître les premiers signaux avant qu’ils ne deviennent un véritable problème.

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