Fin mai, il y a un moment que beaucoup de cyclistes connaissent bien. Les jambes tournent correctement, les sorties deviennent plus longues, les groupes roulent un peu plus vite… mais dès que le parcours commence à enchaîner les bosses, quelque chose change.
On sent que les relances coûtent plus cher.
La première montée passe bien.
La deuxième aussi.
Puis progressivement, la cadence baisse, les jambes se durcissent et chaque accélération devient plus difficile.
Ce qui est intéressant, c’est que ce phénomène ne dépend pas uniquement de la puissance ou du niveau physique.
Très souvent, il vient d’un détail beaucoup plus discret :
la manière de pédaler dans les bosses.
Et plus précisément : la vélocité.
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Pourquoi les bosses révèlent immédiatement les défauts de pédalage
Sur le plat, beaucoup de cyclistes arrivent à masquer certaines limites.
Le rythme est plus régulier, l’inertie aide davantage, et on peut compenser plus facilement avec la force.
Mais dès que la pente arrive, tout devient plus visible.
La gestion du braquet.
La fluidité du coup de pédale.
La capacité à relancer sans se crisper.
C’est souvent dans les bosses de 2 à 5 minutes qu’on voit apparaître les écarts entre deux cyclistes pourtant proches physiquement.
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L’un reste relativement souple et garde du rythme.
L’autre commence rapidement à “tirer” sur les pédales avec une cadence qui s’effondre.
Et au bout de plusieurs montées, l’écart devient énorme.
Ce que beaucoup font naturellement… sans s’en rendre compte
Quand la pente augmente, le réflexe le plus fréquent est simple :
on met du braquet.
C’est logique. On veut garder de la vitesse, conserver l’élan et éviter la sensation de mouliner.
Le problème, c’est que beaucoup basculent alors dans une cadence beaucoup trop basse :
- 60 rpm,
- parfois moins de 55 rpm,
- avec énormément de tension musculaire.
Sur quelques dizaines de secondes, ce n’est pas dramatique.
Mais sur une sortie vallonnée complète, cela finit souvent par coûter très cher.
Je le vois régulièrement au printemps chez des cyclistes qui ont pourtant de bonnes jambes. Ils pensent manquer de puissance alors qu’en réalité, ils s’épuisent simplement à cause d’un pédalage trop “en force”.
Pourquoi une cadence trop basse fatigue autant
Quand la cadence chute fortement, le travail musculaire devient beaucoup plus important.
Les quadriceps prennent énormément de charge, surtout :
- dans les passages raides,
- lors des relances,
- ou quand le braquet est mal anticipé.
Au début, les sensations peuvent même sembler bonnes.
On a l’impression d’être solide.
D’appuyer fort.
De “passer en puissance”.
Mais après plusieurs bosses, les signes apparaissent :
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- jambes qui brûlent plus vite,
- perte de fluidité,
- difficulté à relancer,
- fréquence cardiaque qui grimpe pour maintenir le rythme.
C’est souvent à ce moment que beaucoup commencent à subir les montées au lieu de les gérer.
La vélocité change complètement les sensations en montée
À l’inverse, travailler la vélocité permet de répartir beaucoup plus intelligemment l’effort.
Concrètement, cela signifie :
- utiliser un braquet légèrement plus souple,
- maintenir une cadence plus fluide,
- éviter de “bloquer” les jambes.
Dans les bosses, une cadence autour de 75 à 85 rpm change énormément de choses.
L’effort devient plus régulier.
Les relances demandent moins d’énergie.
La fatigue musculaire diminue progressivement.
Et surtout, on garde davantage de fraîcheur pour la suite de la sortie.
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Le détail qui change tout : anticiper avant la pente
Un point revient très souvent chez les cyclistes qui gèrent bien les bosses :
ils anticipent.
Ils ne changent pas de braquet une fois déjà “plantés” dans la pente.
Ils passent une vitesse plus souple légèrement avant le dur.
Ça paraît anodin, mais ça change complètement la fluidité du pédalage.
À l’inverse, ceux qui attendent trop longtemps se retrouvent souvent :
- en force,
- à faible cadence,
- avec un coup de pédale haché.
Et une fois que la cadence s’effondre, il devient beaucoup plus difficile de relancer proprement.
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Ce qu’on observe souvent dans les sorties de groupe
Les sorties vallonnées de mai sont intéressantes parce qu’elles révèlent énormément de choses.
On voit souvent des cyclistes très puissants sur les premières bosses commencer à coincer après une heure trente.
Pas forcément parce qu’ils manquent de condition physique.
Mais parce qu’ils ont passé toute la sortie à monter “au couple”, avec énormément de tension musculaire.
À l’inverse, certains profils moins explosifs restent étonnamment réguliers.
Ils relancent moins brutalement, mais gardent une cadence propre et stable.
Au bout de trois heures, ce sont souvent eux qui terminent le plus frais.
La vélocité ne veut pas dire mouliner dans le vide
C’est une confusion fréquente.
Travailler la vélocité ne signifie pas tourner les jambes inutilement à 110 rpm partout.
L’objectif est surtout de trouver une cadence qui permette :
- de rester fluide,
- de limiter les tensions musculaires,
- et de maintenir un effort stable.
La bonne cadence dépend évidemment :
- du niveau,
- de la pente,
- du profil musculaire,
- de la fatigue du jour.
Mais chez beaucoup de cyclistes amateurs, remonter simplement de 60 rpm à 80 rpm dans les bosses transforme déjà complètement les sensations.
Le lien direct avec les relances
C’est probablement le point le plus intéressant.
Quand les jambes restent fluides, les relances deviennent beaucoup plus naturelles.
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On peut :
- remettre du rythme plus facilement,
- accélérer progressivement,
- sortir d’un virage sans se mettre dans le rouge.
À l’inverse, avec des jambes déjà saturées musculairement, chaque accélération devient brutale.
Et c’est souvent là que les écarts se creusent dans les parcours vallonnés.
L’endurance reste la base de tout
La vélocité fonctionne d’autant mieux que la base d’endurance est solide.
Parce qu’une bonne endurance permet justement de maintenir une cadence efficace même après plusieurs heures.
C’est pour cette raison que l’endurance fondamentale reste essentielle dans la progression d’un cycliste.
Elle représente encore environ 70 à 80 % du volume utile.
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Quand cette base est absente, la cadence chute beaucoup plus vite dès que la fatigue apparaît.
Comment travailler concrètement la vélocité en bosse
Le plus efficace reste souvent de travailler sur des montées courtes ou régulières.
Par exemple :
- bosses de 2 à 4 minutes,
- cadence cible entre 80 et 90 rpm,
- effort modéré au début,
- concentration sur la fluidité.
L’objectif n’est pas d’aller vite immédiatement.
Le but est surtout de sentir un pédalage plus rond et plus souple.
Au début, cela peut sembler inhabituel.
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Beaucoup ont l’impression de “tourner dans le vide”.
Puis après quelques semaines, les bénéfices deviennent très visibles :
- moins de fatigue musculaire,
- meilleure gestion des bosses,
- relances plus faciles,
- cadence plus stable en fin de sortie.
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Ce que les cyclistes expérimentés font différemment
Avec le temps, beaucoup de cyclistes comprennent que la montée ne se gagne pas uniquement avec la force.
Ceux qui passent bien les bosses longtemps savent surtout :
- rester souples,
- éviter les tensions inutiles,
- gérer leur cadence intelligemment.
Ils acceptent parfois de perdre un peu de vitesse immédiatement… pour garder beaucoup plus d’efficacité sur toute la sortie.
Et c’est souvent ce qui fait la différence au bout de deux ou trois heures.
À retenir
En montée, la vélocité reste un détail largement sous-estimé.
Pourtant, elle influence directement :
- la fatigue musculaire,
- la capacité à relancer,
- la fluidité du pédalage,
- et la gestion globale des bosses.
À cette période de l’année, beaucoup cherchent à gagner en puissance ou à mieux passer les cols.
Mais très souvent, le vrai levier n’est pas de pousser plus fort.
C’est simplement d’apprendre à pédaler plus efficacement.
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