Fin mai est souvent une période un peu particulière dans la saison cycliste. On sent que le moteur commence à bien tourner, les journées sont longues, les sorties deviennent plus régulières et beaucoup commencent déjà à penser aux grandes sorties estivales, aux cols, aux longues cyclos ou simplement aux grosses journées de vélo prévues pendant les vacances.
C’est aussi un moment où les sensations peuvent être trompeuses.
Parce qu’après plusieurs semaines de reprise et de progression, on a souvent l’impression d’être “en forme”. Et dans beaucoup de cas, c’est vrai. Mais sur le terrain, je remarque aussi que beaucoup de cyclistes arrivent en juin avec des petites erreurs accumulées depuis mars ou avril.
Des détails parfois discrets :
- un peu trop d’intensité
- des sorties longues mal gérées
- une récupération négligée
- une alimentation approximative
- ou simplement un entraînement devenu trop monotone
Et ce sont justement ces détails qui finissent souvent par poser problème au moment où les grosses sorties arrivent vraiment.
Le bon réflexe à la fin du mois de mai, ce n’est donc pas forcément d’en faire plus.
C’est souvent de prendre un peu de recul pour ajuster ce qui doit l’être avant l’été.
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Trop d’intensité, pas assez d’endurance
C’est probablement l’erreur que je vois le plus souvent au printemps.
Avec les beaux jours, les sensations reviennent et beaucoup de cyclistes recommencent naturellement à rouler plus vite :
- sorties rythmées
- bosses montées fort
- relances fréquentes
- fractionné
- sorties de groupe nerveuses
Le problème, c’est qu’à force de vouloir “faire de la qualité”, certains oublient progressivement la base.
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Or, dans un entraînement efficace :
70 à 80 % du volume doit rester en endurance fondamentale.
Et ce n’est pas uniquement valable pour les débutants.
Même les cyclistes expérimentés passent énormément de temps à basse intensité.
Pourquoi ?
Parce que c’est cette endurance qui permet :
- de tenir longtemps
- de récupérer correctement
- de mieux supporter les grosses sorties
- d’enchaîner les semaines sans fatigue excessive
Je vois régulièrement des cyclistes très performants sur 1 h 30… mais incapables de rester solides après 4 heures simplement parce que la base foncière n’est pas assez développée.
Des sorties longues allongées trop rapidement
Le mois de mai donne souvent envie de rallonger les distances.
Et honnêtement, c’est normal.
Le problème, c’est que beaucoup passent trop vite :
- de 2 heures
- à 4 heures
- parfois davantage
Sans réelle progressivité.
Au début, ça passe parfois grâce à la motivation et à la fraîcheur. Mais ensuite, les signes commencent à apparaître :
- jambes très lourdes
- récupération lente
- baisse de qualité sur les séances suivantes
- perte de motivation quelques jours après
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Une sortie longue efficace n’est pas une sortie où tu termines détruit.
Au contraire.
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Le bon repère, c’est souvent de terminer avec la sensation que tu pourrais encore rouler 15 ou 20 minutes proprement.
Une récupération largement sous-estimée
C’est probablement l’un des points les plus négligés chez les cyclistes amateurs motivés.
Quand les sensations sont bonnes, on veut rouler souvent.
Parfois trop souvent.
Et le piège, c’est que la fatigue ne se manifeste pas toujours immédiatement.
Au début :
- les jambes tournent encore
- les watts restent corrects
- les sorties passent bien
Puis progressivement apparaissent :
- des jambes plus lourdes
- un cardio moins réactif
- une irritabilité inhabituelle
- une sensation de fatigue diffuse
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Je remarque souvent que les cyclistes qui progressent le plus durablement sont rarement ceux qui roulent le plus fort tout le temps.
Ce sont souvent ceux qui savent alterner :
- charge
- récupération
- fraîcheur
- intensité
Le piège de la zone “entre deux”
Un autre problème très fréquent apparaît progressivement au printemps :
rouler souvent “un peu trop vite”.
Pas assez doucement pour être réellement en endurance.
Mais pas assez fort pour produire une vraie adaptation intense.
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Résultat :
- fatigue chronique légère
- progression qui plafonne
- sensations moyennes presque permanentes
C’est la fameuse zone intermédiaire que beaucoup de cyclistes connaissent sans forcément mettre de mots dessus.
Sur le terrain, c’est probablement l’une des zones les plus fatigantes pour le rapport bénéfice/récupération.
Un manque de travail réellement spécifique
À l’inverse, certains cyclistes font beaucoup de volume… mais sans travail ciblé.
Ils roulent régulièrement, accumulent des kilomètres, mais sans véritables séances structurées.
Et après quelques semaines, les progrès ralentissent.
Parce qu’à un moment, il faut aussi stimuler précisément certaines qualités :
- seuil
- PMA
- vélocité
- travail en côte
- relances
👉 Séance Seuil fractionné – Cumuler un gros volume proche du seuil
👉 Séance Intervalles 30/30 – Stimuler la VO2max avec des efforts courts et intenses
Pas besoin de multiplier les séances dures.
Mais une ou deux séances spécifiques bien intégrées peuvent complètement changer les sensations en juin.
Une alimentation encore trop approximative
C’est un sujet qui revient constamment sur les longues sorties.
Beaucoup de cyclistes gèrent correctement l’entraînement… mais sous-estiment énormément :
- l’alimentation
- l’hydratation
- les apports énergétiques
Et c’est souvent visible sur les fins de sortie :
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- baisse de puissance
- jambes vides
- difficultés à relancer
- récupération plus compliquée
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Je vois encore énormément de cyclistes attendre d’avoir faim pour commencer à manger.
Sur une sortie longue estivale, c’est souvent déjà trop tard.
Une cadence trop figée
Avec les habitudes, beaucoup finissent par rouler toujours dans le même registre.
Certains roulent constamment :
- en force
- avec une cadence basse
- sur gros braquet
D’autres, au contraire, tournent toujours très vite les jambes sans développer suffisamment de couple.
👉 Séance Vélocité continue – Améliorer la fluidité et la coordination
👉 Séance Force progressive en montée – Augmenter l’intensité sur la durée
Les meilleurs profils sont généralement capables de varier.
Parce qu’en été, sur les longues sorties, cette adaptabilité devient extrêmement utile :
- en montée
- face au vent
- en groupe
- dans la fatigue
Le vrai objectif avant juin
À la fin du mois de mai, beaucoup pensent qu’il faut encore augmenter la charge.
En réalité, le plus utile est souvent de :
- stabiliser la base d’endurance
- mieux répartir les intensités
- retrouver de la fraîcheur
- améliorer la régularité
Pas besoin de révolutionner tout l’entraînement.
Mais corriger quelques détails maintenant peut complètement transformer les sensations sur les grosses sorties estivales.
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Ce que j’observe chez les cyclistes qui arrivent bien en été
Les profils qui abordent juin et juillet avec les meilleures sensations ne sont pas toujours ceux qui ont fait les plus grosses semaines au printemps.
Très souvent, ce sont ceux qui ont réussi à garder :
- de la cohérence
- de la progressivité
- de la récupération
- une bonne endurance fondamentale
Ils arrivent avec :
- des jambes fraîches
- une vraie base
- une capacité à encaisser les longues sorties
- et surtout une régularité solide
En résumé
Le mois de mai est souvent très riche sur le plan de l’entraînement.
Mais c’est aussi une période où certaines erreurs commencent à s’accumuler :
- trop d’intensité
- endurance insuffisante
- récupération négligée
- sorties longues mal gérées
- alimentation approximative
La bonne nouvelle, c’est qu’il suffit parfois de quelques ajustements pour complètement changer la suite de la saison.
Parce qu’au final, ce n’est pas seulement ce que tu as fait au printemps qui compte.
C’est surtout la manière dont tu arrives à construire la suite sans accumuler une fatigue inutile.
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