Renforcement en course à pied : quand “faire propre” ne suffit plus

Pendant longtemps, j’ai cru que je faisais tout “bien”.

Des exercices propres.
Une posture correcte.
Des répétitions contrôlées.
Un peu de gainage après les sorties.

Et pourtant, malgré ça, quelque chose coinçait.
Les jambes fatiguaient plus vite. Les appuis perdaient en stabilité. Et surtout, le renforcement ne semblait plus vraiment transférer vers la course.

C’est une situation très fréquente chez les coureurs réguliers. Pas chez ceux qui bricolent, mais justement chez ceux qui font les choses sérieusement.

Le problème n’est pas de mal faire.
Le problème, c’est que faire propre ne suffit plus à un certain stade.

Quand je veux remettre du sens entre renforcement et course à pied, je m’appuie toujours sur des formats pensés pour ça, pas sur des circuits génériques.

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La scène que je vois souvent chez les coureurs réguliers

Le coureur a intégré le renforcement à sa routine.
Une à deux fois par semaine.
Toujours les mêmes exercices, bien exécutés.

Gainage, squats, fentes, planche latérale.
Tout est “propre”.

Mais en course :

  • les fins de sortie longue restent difficiles
  • les descentes tapent toujours autant
  • la fatigue musculaire arrive avant le souffle

La mini-vérité terrain, c’est celle-ci : le corps s’est adapté au renforcement… mais le renforcement n’évolue plus.

Pourquoi “faire propre” atteint vite un plafond

Faire propre, c’est essentiel.
Mais ce n’est qu’une étape.

Au début, le simple fait de :

  • stabiliser
  • contrôler
  • corriger les déséquilibres

apporte énormément.

Puis, passé un certain niveau, le corps s’habitue. Et si le renforcement reste identique :

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  • le stimulus devient trop faible
  • le transfert vers la course diminue
  • la fatigue neuromusculaire peut augmenter… sans bénéfice réel

On continue à faire, mais on progresse moins.

Le piège classique : ajouter des répétitions au lieu de changer le stimulus

Quand le renforcement ne “fait plus effet”, beaucoup réagissent ainsi :

  • plus de répétitions
  • des temps de gainage plus longs
  • des séances plus longues

Résultat : plus de fatigue… mais pas plus de solidité en course.

Le problème n’est pas la quantité.
C’est la nature du stimulus.

Ce qui manque le plus souvent après quelques années de running

Chez les coureurs réguliers, je retrouve presque toujours les mêmes manques.

Pas un manque de force brute.
Mais :

  • un déficit de travail unilatéral spécifique
  • un manque de coordination sous fatigue
  • trop peu de renforcement en lien avec les appuis réels de la course

La course à pied est une succession de déséquilibres contrôlés.
Un renforcement trop symétrique, trop stable, finit par décrocher de cette réalité.

Pourquoi le renforcement doit évoluer avec l’entraînement

Plus tu cours régulièrement, plus ton renforcement doit :

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  • devenir plus spécifique
  • être mieux placé dans la semaine
  • être plus court mais plus ciblé

Sinon, il devient une charge de plus, pas un soutien.

C’est exactement pour ça que le renforcement doit s’intégrer dans la logique globale de la semaine, pas à côté.

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Le lien direct avec l’endurance fondamentale

On l’oublie souvent, mais la majorité de la solidité se construit là.

Quand 70 à 80 % du volume est vraiment en endurance fondamentale, le corps a l’espace pour :

  • assimiler le renforcement
  • améliorer la coordination
  • renforcer les tissus sans surcharge

À l’inverse, un renforcement “propre” ajouté sur une base trop intense devient contre-productif.

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Ce que je change quand “faire propre” ne suffit plus

Je ne complique pas.
Je clarifie.

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Je regarde :

  • à quel moment le renforcement est placé
  • ce qu’il cherche réellement à améliorer
  • s’il prépare une séance ou s’il aide à récupérer

Souvent, je préfère :

  • une séance courte mais bien positionnée
  • un format post-EF ou post-sortie longue
  • une logique de progression lente, pas une surenchère

C’est là que le renforcement redevient utile.

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Le lien avec la prévention des blessures

Beaucoup de blessures chez les coureurs “propres” ne viennent pas d’un manque de renforcement.

Elles viennent d’un renforcement mal aligné avec l’entraînement réel.

Trop générique.
Trop déconnecté des contraintes terrain.
Ou placé au mauvais moment.

Le renforcement ne doit pas être un bloc isolé. Il doit servir la course, pas l’alourdir.

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Ce que tu peux faire dès cette semaine

Si tu fais du renforcement régulièrement mais que tu sens que ça plafonne :

  • garde les exercices propres, mais change l’objectif
  • raccourcis la séance, rends-la plus ciblée
  • aligne-la avec tes sorties faciles
  • protège l’endurance fondamentale (70–80 %)

Faire propre est indispensable.
Mais à un moment, il faut faire juste.

Et faire juste, c’est souvent moins spectaculaire… mais beaucoup plus efficace sur la durée.

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