Lisser les données, c’est tentant.
Très tentant.
Tu ouvres Garmin, tu regardes les courbes, tu actives le lissage. Tout devient plus propre. Plus rassurant. Plus cohérent. Les pics disparaissent, les creux s’adoucissent, la tendance semble claire.
Et pourtant, chez beaucoup de coureurs réguliers, le lissage devient contre-productif.
Non pas parce que les données sont fausses, mais parce qu’on efface précisément ce qui devrait attirer l’attention.
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Pourquoi on aime tant lisser les données
Parce que le lissage rassure.
Une courbe lissée donne l’impression que :
• la progression est régulière
• la charge est maîtrisée
• la récupération suit
• tout est sous contrôle
C’est confortable psychologiquement.
Surtout quand on s’entraîne sérieusement et qu’on cherche de la cohérence.
Le problème, c’est que le corps ne progresse pas de manière lisse.
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Ce que le lissage fait disparaître
Quand tu lisses trop, tu gommes :
• les pics de fatigue
• les semaines de surcharge
• les séances mal digérées
• les signaux faibles
Or ce sont précisément ces variations qui donnent les meilleures informations.
Une semaine “un peu trop”
Une séance qui laisse une trace
Un jour off avec des données étranges
Ce ne sont pas des anomalies à effacer.
Ce sont des indicateurs à interpréter.
Le piège classique chez les coureurs réguliers
Je vois souvent ce scénario.
Un coureur regarde sa charge aiguë, son Training Effect, sa récupération.
Sans lissage, il voit des hauts et des bas. Ça l’inquiète.
Alors il lisse.
Tout devient stable.
Tout paraît logique.
Et il continue.
Sauf que la fatigue, elle, continue aussi… mais en silence.
Pourquoi la variabilité est normale (et saine)
L’entraînement fonctionne par vagues.
Performance Running : L’allure qui rassure sur le moment… mais épuise à moyen terme
Charge → adaptation → récupération → progression.
Ces vagues créent naturellement :
• des semaines plus dures
• des semaines plus légères
• des séances qui marquent
• d’autres qui passent facilement
Lisser ces variations revient à regarder la mer sans voir les vagues.
Tu perds l’information essentielle : le timing.
Quand le lissage fausse les décisions
Le vrai danger, ce n’est pas le lissage en soi.
C’est ce qu’il provoque dans les décisions.
Quand tout semble stable :
• on ajoute du volume
• on maintient l’intensité
• on retarde les semaines allégées
• on ignore les sensations
Et c’est souvent là que le coureur se demande, quelques semaines plus tard, pourquoi les jambes sont lourdes “sans raison”.
Le lien direct avec l’endurance fondamentale
Ce problème est amplifié quand l’endurance fondamentale est mal réglée.
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Si tes footings dérivent un peu trop haut, tu accumules une fatigue lente.
Lissée, elle devient invisible.
Je le rappelle ici clairement : 70 à 80 % du volume doit rester en endurance fondamentale, et cette EF doit être réellement facile pour que les données aient du sens.
Sinon, le lissage masque une dérive progressive.
Ce que Garmin fait bien… et moins bien
Garmin est très fort pour détecter des tendances globales.
Beaucoup moins pour interpréter le contexte.
Une courbe lissée peut montrer une charge “idéale” alors que :
• tu dors moins
• tu es stressé
• tu enchaînes les séances intermédiaires
• tu manques de vraies récupérations
Les chiffres restent bons.
Les sensations, elles, se dégradent.
Quand lisser peut quand même être utile
Le lissage n’est pas toujours une erreur.
Il est pertinent :
• pour observer des tendances longues
• pour comparer des blocs similaires
• pour analyser une préparation complète
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Mais il devient problématique quand il sert à prendre des décisions à court terme.
Comparer deux ou trois semaines lissées donne souvent une fausse impression de maîtrise.
Comment je regarde les données aujourd’hui
Personnellement, je fais simple.
Je regarde :
• les données brutes séance par séance
• les variations inhabituelles
• les pics isolés
• les creux répétés
Ensuite seulement, je regarde la tendance globale.
Le lissage vient après l’analyse, pas avant.
Le rôle de la montre : révéler, pas rassurer
La montre n’est pas là pour te dire que tout va bien.
Elle est là pour te montrer ce qui change.
Des écrans simples, peu chargés, sans excès d’indicateurs, aident beaucoup à garder ce recul. Une montre bien configurée est un outil de lecture, pas un filtre. Si tu veux un repère fiable 👉 mon comparatif des meilleures montres GPS running.
Ce que j’observe chez ceux qui progressent longtemps
Les coureurs qui durent ne cherchent pas la courbe parfaite.
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Ils acceptent :
• les semaines moins bonnes
• les séances ratées
• les variations de forme
• les signaux faibles
Ils ajustent, ils n’effacent pas.
Ce que tu peux tester dès maintenant
La prochaine fois que tu analyses tes données :
Désactive le lissage temporairement
Regarde les séances une par une
Repère ce qui sort de l’ordinaire
Croise avec tes sensations
Tu verras souvent apparaître des réponses que la courbe lissée cachait.
Lisser les données donne une impression de contrôle.
Lire les données brutes donne de vraies clés.
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