Je l’ai vu chez beaucoup de coureurs sérieux. Et je me suis surpris à le faire moi-même.
Tu ouvres Garmin Connect après une séance.
Tu regardes exactement la donnée que tu avais envie de voir.
Et tu construis toute ton analyse autour de ça.
Pas parce que tu triches.
Pas parce que tu es naïf.
Mais parce que ton cerveau fonctionne comme ça.
C’est ce qu’on appelle le biais de confirmation. Et appliqué aux données Garmin, il peut complètement fausser tes décisions d’entraînement… même quand tu es rigoureux.
Quand je veux éviter de tomber dans ce piège et garder une lecture utile des chiffres, je m’appuie sur des cadres clairs plutôt que sur une donnée isolée.
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La scène typique (et très humaine)
Avant la séance, tu as déjà une idée en tête.
“Je suis un peu fatigué.”
ou
“Je suis en forme aujourd’hui.”
Après la séance, tu cherches la preuve chiffrée qui va confirmer ce que tu pensais déjà.
Si tu te sentais fatigué :
Performance Running : Tu n’as pas perdu ta condition physique, tu as perdu ta tolérance à l’effort
- tu regardes la FC un peu haute
- la Body Battery un peu basse
- la récupération estimée un peu longue
Si tu te sentais en forme :
- tu regardes l’allure
- le Training Effect
- le VO₂max qui ne baisse pas
La mini-vérité, c’est celle-ci : la donnée ne te manipule pas, mais tu la sélectionnes.
Ce qu’est vraiment le biais de confirmation
Le biais de confirmation, c’est le fait de :
- privilégier les informations qui confirment une croyance existante
- ignorer ou minimiser celles qui la contredisent
Avec Garmin, le terrain est parfait pour ça, parce que :
- il y a beaucoup de métriques
- elles ne vont pas toujours dans le même sens
- certaines sont faciles à interpréter, d’autres beaucoup moins
Résultat : tu construis une histoire cohérente… mais parfois fausse.
L’erreur n°1 : analyser une séance au lieu d’un contexte
C’est le piège le plus courant.
Une séance = un chiffre.
Une nuit = une valeur.
Un matin = une décision radicale.
Or Garmin n’est pas fait pour être lu au coup par coup. Il est fait pour être lu dans une tendance.
Quand tu tires des conclusions sur :
- une FC un peu haute
- une HRV en baisse un jour
- une Body Battery moyenne
tu donnes un pouvoir énorme à une information bruitée.
C’est exactement là que le biais de confirmation s’installe.
Pourquoi certaines données “aident” plus le biais que d’autres
Toutes les métriques ne sont pas égales face à ce biais.
Celles qui sont :
- agrégées
- estimées
- influencées par le contexte
sont plus faciles à tordre mentalement.
Par exemple :
- la Body Battery
- le statut d’entraînement
- le prédicteur de course
Elles sont utiles… si tu sais ce qu’elles ne disent pas.
Sinon, elles deviennent un miroir de ton ressenti, pas un outil de décision.
Le cas typique du prédicteur de course
Je vois souvent ça.
Le coureur prépare un 10 km.
Il doute un peu.
Le prédicteur affiche un chrono plus lent que son objectif.
Conclusion immédiate :
“Je ne suis pas prêt.”
Mais le prédicteur ne voit pas :
- ta fraîcheur réelle le jour J
- ta stratégie d’allure
- ton économie de course
- ton mental en course
Il extrapole à partir de données passées. Et ton cerveau fait le reste.
Performance La séance Running que tu repousses toujours et qui te ferait pourtant le plus de bien
Si tu veux travailler spécifiquement l’allure 10 km sans te laisser piéger par une estimation brute, mieux vaut s’appuyer sur des séances ciblées.
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Le biais inverse : ignorer les signaux faibles qui dérangent
Le biais de confirmation ne sert pas qu’à se rassurer.
Il sert aussi à éviter une remise en question.
Exemples fréquents :
- une dérive cardiaque répétée que tu ignores
- une récupération qui s’allonge semaine après semaine
- une sensation de lourdeur que tu rationalises
Parce que reconnaître ces signaux impliquerait d’ajuster le plan. Et ajuster, c’est renoncer à l’idée que “tout va bien”.
Or les données Garmin sont souvent plus utiles pour détecter des tendances lentes que pour juger une séance isolée.
La règle simple que j’utilise pour éviter ce piège
Je me pose toujours la même question :
“Si cette donnée allait dans l’autre sens, est-ce que je la prendrais en compte ?”
Si la réponse est non, c’est que je suis déjà biaisé.
Par exemple :
- une bonne séance ne prouve pas que le plan est parfait
- une mauvaise séance ne prouve pas qu’il faut tout changer
La donnée doit interroger, pas confirmer.
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Comment lire Garmin de façon plus honnête
Sans devenir parano, il y a quelques principes simples.
D’abord, regarder :
- des moyennes sur plusieurs jours
- des tendances sur plusieurs semaines
- des répétitions, pas des exceptions
Ensuite, relier les données à un cadre clair. Une donnée sans cadre pousse presque toujours à une mauvaise interprétation.
C’est pour ça que les plans structurés limitent beaucoup le biais de confirmation : ils donnent un référentiel.
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Le lien direct avec l’endurance fondamentale
Le biais de confirmation fait souvent sous-estimer un point clé : l’EF mal maîtrisée.
Beaucoup de coureurs lisent leurs données pour justifier :
- une EF un peu trop rapide
- une fatigue “normale”
- une récupération “acceptable”
Alors que dans les faits, une EF trop haute brouille toutes les métriques derrière.
Je le rappelle ici parce que c’est central :
70 à 80 % du volume doit rester en endurance fondamentale, sinon les données deviennent difficiles à interpréter correctement.
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Ce que Garmin fait bien… et ce qu’il ne fera jamais
Garmin est excellent pour :
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- montrer des tendances
- objectiver certaines dérives
- donner des repères
Il ne remplacera jamais :
- ton ressenti sur plusieurs semaines
- la cohérence de ton plan
- la logique de progression
Le biais de confirmation apparaît quand on demande à la montre de trancher à ta place.
Ce que tu peux faire dès maintenant
Si tu veux lire tes données Garmin sans te piéger toi-même :
- évite les décisions basées sur une seule séance
- regarde les tendances sur 2 à 3 semaines
- confronte une donnée à une autre, pas à ton intuition seule
- garde un cadre d’entraînement clair
La donnée n’est ni ton ennemie, ni ton juge.
C’est un outil. Et comme tout outil, elle dépend de la manière dont tu l’utilises.
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