Je me souviens très bien du déclic. Pas sur une course élite, pas dans un livre. Sur un trail local, en doublant des coureurs plus rapides que moi… à pied, en montée. Eux couraient, moi je marchais. Et pourtant, je revenais sur eux, sans forcer, sans exploser, sans dette derrière.
Pendant longtemps, j’avais associé marche = faiblesse. En trail, surtout. Comme si marcher tôt était un aveu d’échec. En réalité, marcher tôt peut te faire gagner du temps, à une condition : ne pas le faire n’importe comment.
Le problème n’est pas de marcher.
Le problème, c’est quand et comment tu marches.
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La scène que je vois tout le temps en montée
Début de montée. Pente modérée. Beaucoup de coureurs forcent encore en courant. Ça passe. Le cardio grimpe, mais “ça passe”.
Puis la pente se durcit. Là, ils basculent en marche… mais trop tard.
Résultat :
- un pic cardio inutile
- une transition course → marche brutale
- des jambes déjà entamées
- une relance difficile en haut
Mini vérité terrain : ce n’est pas la marche qui fait perdre du temps, c’est le forçage avant la marche.
Pourquoi marcher tôt peut être plus rapide que courir trop longtemps
En trail, le chrono se joue rarement sur la vitesse pure en montée. Il se joue sur :
- la stabilité de l’effort
- la capacité à relancer
- la fraîcheur musculaire à mi-parcours et en fin de course
Quand tu t’obstines à courir une pente trop raide pour toi :
- ton cardio explose
- ta foulée se dégrade
- tes quadriceps et mollets se chargent inutilement
Et ce que tu “gagnes” en courant, tu le perds souvent :
- en haut, à l’arrêt
- dans la descente suivante
- ou 30 minutes plus tard, quand tu n’as plus de jus
Marcher plus tôt permet souvent de lisser l’effort, donc de courir plus vite… ailleurs.
Le réglage simple qui change tout : marcher avant le seuil, pas après
Le vrai réglage n’est pas “marcher ou courir”.
C’est marcher avant de dépasser ton seuil, pas après.
Concrètement :
- si tu attends d’être à bout pour marcher, c’est trop tard
- si tu passes en marche alors que tu es encore sous contrôle, tu gagnes
Le repère que j’utilise est très simple :
si ta respiration devient saccadée et que tu ne pourrais plus dire une phrase courte, tu aurais déjà dû marcher.
Marcher 20 secondes plus tôt peut t’éviter 2 minutes de galère ensuite.
Performance Tu cours vite certains jours, puis tu “payes” 48 h : le signal d’alerte que tu rates
Pourquoi les meilleurs trailers marchent tôt… et bien
Observe les bons trailers amateurs, pas seulement les élites. Ils marchent :
- avec une posture droite
- une cadence de pas élevée
- une poussée active des bras
- un regard loin devant
Ils ne “subissent” pas la montée. Ils la gèrent.
La marche devient un mode d’effort à part entière, pas une punition.
La grosse erreur : marcher en mode récupération passive
Marcher n’est utile que si elle reste active.
Ce que j’évite absolument :
- marcher avachi
- regarder ses pieds
- casser complètement le rythme
La bonne marche en montée, c’est :
- buste légèrement penché, gainé
- pas courts et rapides
- bras qui poussent
- respiration contrôlée
À ce moment-là, la différence de vitesse avec un coureur qui “force” devient très faible… mais ton coût énergétique, lui, est bien plus bas.
Comment savoir à quel moment marcher (sans gadget compliqué)
Je te donne trois repères très simples.
Premier repère : la pente.
Dès que la pente t’oblige à raccourcir énormément la foulée en courant, la marche devient souvent plus rentable.
Deuxième repère : la respiration.
Si tu passes en respiration hachée en courant, tu es déjà trop haut.
Troisième repère : la relance en haut.
Si tu arrives en haut incapable de relancer proprement, c’est que tu as couru trop longtemps.
Ces trois signaux suffisent dans 90 % des cas.
La séance simple pour apprendre à marcher tôt (sans ego)
Je l’utilise souvent en reprise trail ou en phase de construction.
Structure :
- échauffement 15 minutes facile
- 6 à 8 montées de 1 à 2 minutes
- tu alternes course contrôlée et marche active
- récupération en descente très tranquille
Objectif :
- tester différents moments de bascule course → marche
- sentir quand la marche devient plus efficace que la course
- apprendre à relancer sans explosion cardio
Ce genre de séance change complètement ta lecture des montées.
Si tu veux des formats déjà structurés pour ça, ils existent et évitent d’improviser.
Où ça fait vraiment gagner du temps en course
Marcher tôt ne te fait pas gagner du temps “sur la montée”.
Ça t’en fait gagner :
- sur la fin de montée
- sur la relance
- sur la descente suivante
- sur la dernière heure de course
Et c’est exactement là que beaucoup explosent.
En trail, le temps gagné est souvent invisible à court terme, mais énorme à long terme.
Et sur l’entraînement hebdomadaire ?
Je le dis clairement : apprendre à marcher tôt n’est pas “anti-running”.
C’est une compétence trail.
Dans ta semaine :
- garde 70–80 % du volume en endurance fondamentale
- intègre une séance vallonnée où la marche est volontaire
- travaille la posture et la cadence en marche
Et si tu prépares une distance précise (trail court, long, ou route avec dénivelé), un plan structuré t’aide à placer ça intelligemment.
Performance Tapis de course : pourquoi l’inclinaison “0 %” fausse ton effort (le réglage simple)
Ce que tu peux tester dès cette semaine
Sur ta prochaine sortie trail :
- décide à l’avance de marcher une montée précise
- passe en marche avant d’être à bout
- garde une marche active
- observe ta relance en haut
Très souvent, tu découvriras que tu n’as pas perdu de temps. Et que tu en as gagné plus loin.
Pour structurer ton entraînement trail sans bricoler :
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