Le premier lundi de septembre, les bonnes résolutions refont souvent surface. On croise davantage de personnes dans les parcs, les magasins de sport retrouvent de l’activité et beaucoup envisagent de reprendre une activité physique après l’été. Pourtant, au moment d’enfiler une paire de chaussures, une phrase revient presque systématiquement : « Courir, ce n’est pas pour moi. J’en suis incapable. »
Ce qui est étonnant, c’est que cette conviction apparaît souvent avant même d’avoir réellement essayé.
Elle ne repose pas toujours sur une expérience récente. Parfois, elle vient d’un mauvais souvenir d’école, d’un essoufflement après quelques minutes ou simplement de l’image que l’on se fait des coureurs.
Pourtant, dans une immense majorité des cas, ce n’est pas le corps qui dit non en premier.
C’est le cerveau.
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Êtes-vous vraiment incapable… ou simplement débutant ?
Beaucoup de personnes confondent leurs premières sensations avec leurs capacités réelles.
| Situation | Ce que l’on pense | Ce qui se passe réellement |
|---|---|---|
| Essoufflement après 2 minutes | « Je ne suis pas fait pour courir. » | Départ beaucoup trop rapide |
| Jambes lourdes | « Mon corps refuse de courir. » | Manque d’habitude et de progressivité |
| Besoin de marcher | « Je suis incapable. » | Réaction normale d’un débutant |
| Difficulté à tenir un rythme | « Les autres y arrivent, pas moi. » | L’endurance se construit progressivement |
Ces situations sont incroyablement fréquentes.
Pourtant, beaucoup les interprètent comme une preuve définitive d’inaptitude alors qu’elles correspondent simplement aux premières étapes d’un apprentissage.
Nous comparons souvent notre début… au milieu du parcours des autres
C’est probablement le piège le plus courant.
Une personne qui décide de commencer à courir regarde naturellement ceux qui pratiquent déjà depuis plusieurs années.
Elle voit des sorties de dix kilomètres, des semi-marathons, des montres GPS sophistiquées et des allures qui semblent inaccessibles.
Ce qu’elle ne voit pas, ce sont les débuts.
Elle ne voit pas les premières sorties entrecoupées de marche, les essoufflements, les séances écourtées ni les moments de doute.
Cette comparaison est profondément injuste.
On compare un premier chapitre à une histoire déjà bien avancée.
C’est précisément ce qui décourage tant de futurs coureurs avant même qu’ils aient laissé le temps à leur corps de s’adapter.
Le cerveau cherche d’abord à vous protéger
Lorsqu’un effort paraît difficile, le cerveau ne cherche pas immédiatement la performance.
Il cherche avant tout à éviter une situation qu’il interprète comme inconfortable.
Après quelques minutes d’essoufflement, il envoie alors un message très simple :
« Arrête. Ce n’est pas pour toi. »
Ce mécanisme est parfaitement normal.
Il ne signifie pas que vous êtes incapable de courir.
Il signifie simplement que votre organisme découvre un effort inhabituel.
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Les personnes qui finissent par aimer courir ne possèdent pas un cerveau différent.
Elles ont simplement appris à distinguer un inconfort temporaire d’une véritable limite.
Le vrai problème est souvent l’allure
Lorsque quelqu’un affirme ne pas savoir courir, je pose presque toujours la même question :
« À quelle vitesse êtes-vous parti ? »
La réponse explique souvent tout.
Les débutants démarrent fréquemment beaucoup trop vite. Ils essaient inconsciemment de courir au rythme de personnes déjà entraînées.
En quelques minutes, le souffle devient incontrôlable, les jambes se raidissent et la conclusion tombe :
« J’en étais sûr, courir n’est vraiment pas fait pour moi. »
En réalité, c’est surtout l’allure qui était inadaptée.
Beaucoup découvrent qu’ils peuvent courir bien plus longtemps simplement en ralentissant suffisamment.
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Marcher n’est pas échouer, c’est apprendre
L’une des croyances les plus tenaces consiste à penser qu’un « vrai » coureur ne marche jamais.
Cette idée fait énormément de dégâts chez les débutants.
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Dès qu’ils ralentissent ou qu’ils s’arrêtent quelques instants, ils ont l’impression d’avoir échoué.
Pourtant, la méthode marche-course est aujourd’hui utilisée par de nombreux entraîneurs, y compris avec des personnes qui termineront quelques mois plus tard un 10 km, un semi-marathon ou même un marathon.
Alterner deux minutes de course et une minute de marche n’est pas un signe de faiblesse.
C’est souvent la manière la plus intelligente de construire son endurance sans se décourager.
Le corps progresse plus facilement lorsqu’il accumule des expériences positives plutôt que des séances vécues comme des échecs.
La confiance ne précède pas l’action
Beaucoup attendent de se sentir prêts avant de commencer.
Ils espèrent qu’un jour ils auront davantage confiance, qu’ils auront perdu quelques kilos ou qu’ils se sentiront plus sportifs.
Malheureusement, cette confiance apparaît rarement toute seule.
Elle naît des petites réussites.
La première sortie où l’on court dix minutes sans s’arrêter.
Le premier parcours que l’on termine avec le sourire.
Le premier mois où l’on a réussi à maintenir une certaine régularité.
Chaque expérience réussie modifie progressivement l’image que l’on a de soi.
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On ne se dit plus : « J’essaie de courir. »
On commence à penser : « Je suis devenu quelqu’un qui court. »
Cette évolution est bien plus importante que n’importe quel chrono.
Ce que les coureurs réguliers ont compris
Les personnes qui courent depuis plusieurs années ne sont pas forcément plus douées.
Elles ont simplement accepté des vérités que les débutants découvrent peu à peu :
- il est normal d’être essoufflé au début ;
- toutes les sorties ne sont pas agréables ;
- progresser demande de la régularité, pas de la perfection ;
- ralentir fait souvent progresser plus vite que vouloir aller trop vite.
Cette manière d’aborder la course enlève énormément de pression.
On cesse de vouloir prouver quelque chose.
On cherche simplement à avancer.
Le premier obstacle n’est presque jamais physique
Bien sûr, certaines personnes présentent des contraintes médicales ou doivent reprendre progressivement après une blessure. Dans ces situations, l’avis d’un professionnel de santé reste indispensable.
Mais pour une immense majorité d’adultes en bonne santé, le principal frein n’est pas une incapacité physique.
C’est une croyance.
Une croyance construite au fil des années, renforcée par des comparaisons injustes et entretenue par quelques expériences mal vécues.
Le paradoxe est que beaucoup découvrent leurs capacités uniquement après avoir accepté de commencer très modestement.
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Quelques minutes deviennent vingt.
Puis trente.
Puis une sortie hebdomadaire devient une habitude.
Et un jour, sans presque s’en rendre compte, on réalise que cette phrase répétée pendant des années – « je suis incapable de courir » – n’était jamais une vérité.
C’était simplement une histoire que l’on se racontait.
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