Les segments Garmin, je les ai longtemps détestés. Pas parce que l’outil est mauvais. Mais parce que je voyais trop de coureurs se piéger tout seuls. Footing tranquille prévu… et d’un coup, accélération réflexe parce qu’un segment approche. Respiration qui monte, foulée qui se crispe, séance fichue.
Et pourtant, bien utilisés, les segments peuvent devenir un excellent outil d’observation, voire de progression. Le problème, ce n’est pas le segment. C’est l’intention qu’on met derrière.
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La scène que je vois trop souvent
Sortie endurance fondamentale.
Allure facile. Respiration calme. Tout va bien.
Et puis la montre vibre : segment dans 300 m.
Sans même y réfléchir :
- l’allure augmente
- les bras s’activent
- la FC grimpe
À la fin de la sortie, le coureur dit :
“Bizarre, j’étais plus fatigué que prévu.”
Mini vérité humaine : les segments transforment beaucoup de footings en séances cachées. Et ça, sur la durée, ça coûte cher.
Ce que sont vraiment les segments Garmin
Un segment, ce n’est rien d’autre qu’un repère géographique chronométré.
Garmin ne sait pas :
- si tu es en footing
- si tu es en reprise
- si tu es fatigué
Il compare juste :
- ton temps du jour
- à tes temps précédents
- ou à ceux des autres
Le danger apparaît quand tu confonds outil d’analyse et objectif d’entraînement.
Pourquoi les segments peuvent nuire à ta progression
1) Ils sabotent l’endurance fondamentale
Je le rappelle sans détour : 70 à 80 % de ton volume doit rester en endurance fondamentale.
Si, sur chaque sortie facile, tu accélères sur :
- une bosse
- une ligne droite
- un faux plat
- un segment connu
Tu ne fais plus vraiment de l’endurance. Tu fais du “rythmé déguisé”.
Résultat :
- récupération moins bonne
- fatigue chronique
- stagnation
Et souvent, on ne comprend pas pourquoi.
2) Ils créent une pression inutile
Même quand tu ne cherches pas le record, le simple fait de voir :
“PR possible”
ou
“Top 10”
Performance Tapis de course : “progressif en negative split”, le format qui apprend à finir fort
crée une tension. Tu compares. Tu juges. Tu forces.
À long terme, ça enlève ce que le footing est censé apporter : de la relâche, de la fluidité, de la construction.
3) Ils brouillent les sensations
À force de courir “pour la montre”, tu perds un repère essentiel : ton ressenti.
Or les décisions intelligentes d’entraînement se prennent d’abord sur :
- le souffle
- la posture
- la fatigue réelle
Pas sur un classement virtuel.
Quand les segments peuvent être utiles (vraiment)
Je ne suis pas anti-segments. Je suis anti-automatisme.
1) Comme outil de comparaison à effort égal
Un segment est intéressant si :
- tu le passes régulièrement
- sans changer volontairement ton allure
- dans un contexte similaire
Dans ce cas, il devient un indicateur de tendance :
- plus fluide
- moins coûteux
- plus stable
Et ça, c’est précieux.
2) Sur des séances dédiées
Si tu décides consciemment :
“Aujourd’hui, je mets un peu de rythme sur ce secteur”
Alors aucun problème.
Le segment devient :
- un repère
- un cadre
- un terrain de jeu
Mais pas pendant un footing censé être facile.
3) Pour observer l’économie de course
Si, à effort perçu identique :
- ton temps s’améliore
- ta FC est plus basse
- ta foulée est plus propre
Le segment t’apprend quelque chose. Sans que tu aies cherché à forcer.
Le réglage simple qui change tout
Personnellement, j’utilise une règle très claire :
👉 Si la séance est facile, les segments sont ignorés.
Concrètement :
Performance Semi-marathon : comment éviter l’explosion au 15ème kilomètre
- je ne change pas mon allure
- je ne regarde pas le chrono du segment pendant la sortie
- je regarde éventuellement les données après
Ce simple choix protège 80 % de la semaine.
Comment paramétrer Garmin pour éviter le piège
Tu as plusieurs options très efficaces :
- masquer l’écran segments pendant les footings
- désactiver les alertes segments
- réserver les segments à certains profils d’activité
C’est une décision simple, mais qui change beaucoup la qualité des sorties faciles.
Le cas particulier après 40–50 ans
Après 40 ans, chaque intensité cachée coûte plus cher.
Un footing qui dérive légèrement à cause des segments peut :
- rallonger le temps de récupération
- perturber la séance suivante
- augmenter le risque de blessure
Dans cette phase de la vie, la régularité bat largement la compétition virtuelle.
Comment je les intègre aujourd’hui (sans me piéger)
Je fais simple :
- footings et sorties longues → segments ignorés
- séances spécifiques → segments possibles, choisis
- analyse à froid → segments comme repère, pas comme jugement
Ce cadre m’évite de transformer chaque sortie en mini-course.
Si tu suis un plan structuré, cette logique est souvent déjà intégrée sans même parler de segments.
Le vrai indicateur de progrès (pas le segment)
Le vrai progrès, ce n’est pas :
- battre un record sur 800 m
- gagner une place virtuelle
C’est :
- courir plus souvent sans fatigue
- récupérer plus vite
- tenir tes allures cibles plus longtemps
Les segments peuvent montrer ça… mais seulement si tu ne les poursuis pas.
Ce que tu peux faire dès cette semaine
Si tu veux utiliser les segments Garmin intelligemment :
- décide à l’avance si la séance est facile ou qualitative
- ignore les segments sur les footings
- utilise-les uniquement comme repère post-séance
- protège 70–80 % de ton volume en endurance fondamentale
- juge ta progression sur plusieurs semaines, pas sur un classement
Les segments ne sont ni bons ni mauvais.
Ils sont neutres. C’est ton usage qui fait la différence.
Pour structurer ton entraînement sans te disperser :
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